• 008. Le retour des constructions de jadis

    Vivre sur la paille, ça vous tente?

    La période mouvementée écologiquement que nous connaissons est propice à la résurgence de nombreuses techniques de construction oubliées, qui refont surface et grignotent petit à petit une part de marché en belle évolution.

    La paille, véritable matériau éprouvé de nos ancêtres, en est un parfait exemple. Quelques architectes dont la réputation gagne du terrain pointent enfin le bout de leur nez, tel l'architecte Werner Schmidt, de Trun (en Suisse), qui en a fait sa marque de fabrique, et qui dépasse la simple utilisation brute du matériau pour sublimer également la forme. Qui a dit que l'écologie ne devait être que fonctionnelle?

    D'une capacité thermique valant le polystyrène expansé, à condition que l'on adapte la technique de pose pour atteindre, à épaisseur quasi similaire de 38-39 cm à un type de construction périphérique classique, une valeur U similaire, la paille permet d'atteindre la performance convoitée de 0,18 W/mk valable pour une labellisation MINERGIE® (référence de haute qualité énergétique en Suisse, ce Label étatique devient pratiquement une norme de construction obligatoire dans bientôt tout le pays). Vous n'y croyez pas?

    Faites vous-même le calcul! En comparant une construction type traditionnelle, incluant des parpaings de 20 cm en béton et 16 cm de polystyrène expansé, crépi intérieur et extérieur de 1 cm en finitions, vous obtiendrez les mêmes valeurs qu'une ossature bois porteuse de 15x15 cm, d'un enduit de terre de 2 cm intérieur, et d'une ossature complémentaire de croisement de 4x4 cm, avec un magnifique enduit à la chaux de 2 cm en façade (référence: https://atba.ch/contact/).

    A moins que vous n'optiez pour un mur en monolithe de bottes de paille, d'une épaisseur de 80 cm et de 2 x 2 cm de revêtements, qui avoisinera alors les 0,09 W/mK de coefficient U !! En plus d'avoir l'avantage d'être porteur! I Il serait bon à propos que la législation s'adapte un jour, afin de prendre en compte non pas le pourtour du bâtiment, mais bien l'intérieur net, dans les mêmes mesures, et de laisser libre cours aux épaisseurs les plus avantageuses thermiquement dans des constructions efficientes! L'économicité de la zone brute, murs extérieurs surtout pour maximiser les indices, étant souvent également un facteur de choix dans les méthodes de sélectionnées. 

    TALON D'ACHILLE?

    Bien entendu, le premier aspect qui vient à l'esprit, quand on parle de paille dans la construction, est inévitablement la protection incendie, avant celle des nuisibles (qui il faut le savoir, ne nuisent plus une fois le crépi posé!). Inutile de rappeler le mythique conte pour enfants des trois petits cochons! Les fables ont la vie dure, et dans ce contexte, rien ne vaut une explication de professionnels ad hoc, tels des troupes de sapeurs pompiers du Val d'Oise, dans l'émission scientifique et pédagogique "on n'est pas que des cobayes", de la chaîne France 5. Dans laquelle on explique aux jeune pousses scolaires, les résultats concrets d'un véritable incendie provoqué! A voir absolument (et le reste de l'émission, bien foutue, aussi d'ailleurs - si vous en avez le temps en famille). La vidéo qui nous intéresse:

    UN MATERIAU NOBLE?

    Renouvelable, recyclable, locale, isolante, peu chère à l'achat, chaleureuse ET résistante au feu, d'une faible consommation en énergie grise*, la paille a de quoi attirer de nouveaux marchés. Son soucis principal? Hormis la réputation déjà évoquée et la longue vie des clichés dans le domaine, son principal défaut reste son coût en main d'œuvre pour la pose. Mais là aussi, des perspectives se dessinent. De plus en plus d'associations se proposent en effet d'aider les propriétaires passionnés, par le biais de chantiers participatifs qui voient de plus en plus souvent le jour mais surtout, la clé d'un succès à venir: des producteurs investissent le marché en proposant des blocs d'ossatures sur mesure, fabriqué en kit dans d'autres pays*, pour des coûts réduits (références sur les sites des producteurs, pour avoir les tarifs à jour).

    (*je vous vois argumenter mais attendez la courte analyse sur le sujet plus bas).

    L'avantage d'une telle proposition d'achat, est que vous planifiez votre projet plus facilement, et ne vous souciez plus de la pose. Vos ossatures et votre paille sont livrés prêts à poser, et votre délai de construction en est sensiblement raccourci!

    Quelques fournisseurs à visiter: 

    1. naturel-home.fr

    2. isopaille.fr

    3. pailletech.be

    4. easygreen.pro

    5. echopaille.fr

    Deux regroupements de professionnels: 

    Réseau Français de la Construction en Paille : RFCP (France) 

    la maison nature (Suisse)

    _____

    *Energie grise: un écobilan pas si facile à tirer:

    La belle initiative de tout constructeur de vouloir travailler localement, s'arrête souvent à l'achat de matériaux de construction que l'on ne trouve pas chez nous (dans leur matière première souvent). L'idée, l'envie, sont louable, mais l'étude de cas est parfois trop simpliste, et ne plaide souvent qu'au statuquo. Pourquoi?

    Lorsque l'on achète en Suisse, par exemple une voiture, un ordinateur ou un téléphone, voir un plan de travail pour une cuisine en véritable marbre de Carrare, on ne se formalise pas vraiment de l'approvisionnement de l'élément convoité. Encore moins de son énergie grise utilisée pour le fabriquer ou le transporter. Encore moins de la santé des travailleurs. On s'intéresse principalement à sa fonction, et prioritairement avant tout à son prix. Mais lorsqu'il s'agit d'isolation, ou de matériau de construction au sens large, alors les levées de bouclier se font légions dans les défenseurs locaux autoproclamés.

    Ainsi, préférant utiliser du polystyrène "local",  (qui a quand même ses vertus il ne faut pas le dénigrer), pour lequel la matière première provient, qui ne le sait pas, de bases pétrolifères très loin d'ici, le coût de revient étant fortement attrayant de par sa production dans des pays au niveau de vie indécents, on contribue ainsi à aggraver la situation en matière de CO2.

    Mais acheter de la paille en France voisine ou en Autriche (voir un peu plus loin)? "Ah non, surtout pas!", entend-on souvent. Pourquoi donc? Le calcul de l'énergie grise, pour tout propriétaire soucieux du porte-monnaie et de la planète, doit être pris dans son ensemble, et l'aspect social ne doit pas être négligé. D'autant que nous sommes contents d'accueillir quelques touristes Français ou Autrichiens qui viennent dépenser en retour un peu de ce qu'on leur achète, dans nos alpages et nos stations, pour le plus grand plaisir de notre PIB. Qu'en pensez-vous?

    Le débat est ouvert! :-) 

     

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